La Capture
Geoffrey Lachassagne
France, 2015, 50 min

La Capture, Geoffrey Lachassagne, France, 2015, 50’

Synopsis

Tracer la figure du zéro, c’est tâcher de solder, par l’écriture ou quelque autre moyen, les dettes de l’enfance, et celles de nos prédécesseurs – pour leur rendre justice, mais aussi pour s’en libérer, vivre au présent, être soi. C’est à ce geste, ce combat, que Pierre Bergounioux s’est voué corps et âme.

Tracer la figure du zéro, c’est tâcher de solder, par l’écriture ou quelque autre moyen, les dettes de l’enfance, et celles de nos prédécesseurs – pour leur rendre justice, mais aussi pour s’en libérer, vivre au présent, être soi. C’est à ce geste, ce combat, que Pierre Bergounioux s’est voué corps et âme, qu’il arpente les espaces désertiques du Plateau de Millevaches, en quête d’insectes, ou ceux de la pensée, à la recherche du mot juste.

Pierre Bergounioux est l’un des écrivains majeurs de notre temps. Si son œuvre a une portée universelle, elle a aussi ses territoires privilégiés : l’histoire et la littérature, la mémoire et l’écriture, l’enfance et la Corrèze. Une parole, donc, mais aussi un corps - noueux, vibrant, «  giacomettien  ». Dévoré de passions : Pierre collecte avec une égale férocité les choses et les mots pour les dire, la ferraille, les insectes, tout.
Il y a six mois, nous sommes partis ensemble sur le plateau de Millevaches. Je lui avais demandé d’y capturer pour nous ses insectes préférés : un scarabée, un papillon, des hoplies… Nous avions dix jours. C’était le mois de juin, il aurait dû faire beau, les insectes auraient dû pulluler. Mais ç’aurait été trop beau, trop facile. Ce n’aurait pas été le plateau. Ce n’aurait pas été Pierre.

À propos du film

"Qu’avons-nous laissé passer entre nos doigts mal joints ? C’est ce que demande avec une intime précaution l’écrivain, Pierre Bergounioux, au jeune réalisateur Geoffrey Lachassagne.

Au fond, ni l’un ni l’autre n’attendent ni ne veulent de réponse à cette question, hormis préserver le souvenir de cette pluie incessante en plein mois de juin, ce qui nous reste de l’enfance, des mots inédits et des insectes ineffables dont nous espérions la capture, comme nous essayons, aujourd’hui adultes, de chercher la clarté pour compenser la pénombre dans laquelle nous sommes ensevelis.

Aux confins du plateau des Millevaches et sur la page blanche, dans ces lieux vides et élevés, Pierre Bergounioux sillonne, cherche, inventorie. Mots et insectes sont parents. Ils disent notre nuit d’avant — la plus silencieuse —, ce que nous sommes et ce que nous avons été. 

Geoffrey Lachassagne filme au plus près l’entomologiste  amateur passionné et expansif, écoute avec attention l’écrivain qui se tait. Les deux hommes, que plus d’une génération sépare, ont une commune vocation, celle de contrefaire le silence, de déplacer les ombres en souhaitant la venue d’une lumière plus brillante. Puis le premier soleil advient. Le film livre alors à nos sens une rencontre à la fois singulière et universelle, aussi limpide et éclatante qu’un nouveau printemps."

Franck Magloire, écrivain.

Générique

Titre

La Capture

Réalisateur

Geoffrey Lachassagne

Image

Pascale Granel

Son

Jean-Marc Schick
Nicolas Becker
Graciela Barrault

Montage

Geoffrey Lachassagne
Mathias Bouffier

Production

La Huit Production

Distribution

Documentaire sur grand écran

Pays

France

Année

2015

Distinctions

2015 : RISC-Rencontres Internationales Sciences et Cinémas - Marseille (France) - Prix du Jury / long-métrage
2015 : Pariscience - Festival international du film scientifique - Paris (France) - Sélection
2015 : Les Écrans Documentaires - Arcueil (France) - Sélection Premiers films
2015 : Visions du réel - Nyon (Suisse) - Compétition Internationale - Moyens Métrages